Un nouveau portrait du monde d’après le superbe travail de Lisa Kristine sur la thématique de l’esclavage moderne. Le portrait dessin d’un jeune homme ghanéen au visage marqué, réinterprété dans un style urbain à la sanguine sur papier kraft recyclé. Une œuvre brute qui se veut puissante et contrastée.

Portrait dessin d’un jeune homme ghanéen

La photo d’un ancien esclave ghanéen prise par Lisa Kristine

Lisa Kristine est une photographe américaine engagée. Passionnée par les cultures indigènes, elle a voyagé dans plus de cent pays à travers le monde pour photographier la beauté et la souffrance des gens qu’elle a rencontrés. Photographe humanitaire, elle espère que ses portraits graves et émouvants marqueront les esprits et feront évoluer le monde. La fervente activiste s’est rendue au Ghana pour réaliser un reportage photographique sur l’esclavage moderne. Elle y a photographié ce jeune homme fraîchement libéré de son esclavage. Son visage éprouvé, avec son regard dur et sa peau moirée, transmettait une puissance qui me fascinait. J’ai eu envie de canaliser cette force dans un portrait brut et percutant et de faire de ce regard intense l’élément clé du tableau.

Le portrait dessin d’un jeune homme au regard défiant

Le portrait représente un jeune homme africain approchant la vingtaine d’années. Le torse nu, il se tient debout devant nous de manière frontale. Il ne porte aucun artifice, ce qui accentue l’importance de son regard défiant, braqué sur nous comme un fusil sur la tempe. Sa tête légèrement penchée en avant laisse entrevoir le blanc de ses yeux, ce qui lui donne un air agressif. On peut lire une expression fermée sur son visage anguleux, tous ses traits sont tendus et ses émotions semblent parfaitement contenues. Les muscles secs et saillants de son corps le rendent encore plus intimidant, d’autant plus qu’il est nu. Le jeune homme est représenté à l’état brut, dans toute sa virilité. Malgré son jeune âge, il déstabilise car son dur vécu a laissé une ombre sur son visage prématurément marqué.

Un dessin brut au style urbain, à la sanguine et à la craie

Tout comme le Petit garçon ghanéen, j’ai réalisé ce dessin sur papier recyclé kraft. Cette couleur jaune brunâtre donne un style vieilli au portrait et contraste bien avec les couleurs chaudes. J’ai obtenu ces couleurs saturées dans les tons bruns-ocres grâce à la sanguine, au sépia et à la craie blanche. Le mélange des trois permet d’obtenir une infinité de nuances et toute une gamme de contrastes. La craie donne un aspect brillant et satiné à la peau du jeune homme et adoucit la sanguine, à la couleur ocre très prononcée. Pour rappeler la présence du visage et souligner l’importance du regard, j’ai repassé les traits du jeune ghanéen au stylo noir. Comme le portrait était très figé et frontal, j’ai voulu rompre cette impression avec un fond mouvementé, plus sale et moins léché. J’ai ajouté des coulures blanches à l’acrylique en haut à gauche du dessin et des projections de peinture à l’aide d’une brosse à dent. Cet effet d’éclaboussures donne une dynamique au dessin et évoque un contexte de chantier, la poussière de craie, les salissures liées à un rude travail manuel. Avec ce fond j’ai aussi voulu donner une atmosphère urbaine au portrait avec un clin d’œil au style Street Art.